Écrit par Raphaël Richard, fondateur
Les Etats Unis avec des leaders comme Facebook, Google ou Twitter domine l'internet mondial. Mais la Chine avec le première population d'internaute du monde monte en puissance. Voici un tour d'horizon de l'internet Chinois.
Ne pas parler anglais dans un monde où la langue des affaires est celle de Shakespeare est un handicap actuellement. Ne pas parler anglais lorsque l'on travaille sur internet est rédhibitoire dans la mesure où la moitié des outils et sources d'information intéressants sont accessibles en anglais. Dans 10 ans, les choses auront changé: le chinois sera devenu une des deux langues qui compte sur internet et on peut parier qu'une grosse parties des futures innovations d'internet proviendront du pays du milieu.
Voici quelques clés pour comprendre l'internet chinois
La langue
Contrairement à ce que l'on peut penser, la langue n'est pas un obstacle insurmontable: le chinois s'apprend. Encore faut-il savoir de quelle langue on parle.
On a coutume de dire qu'il existe deux langues principales en Chine: le mandarin et le cantonais.
Le cantonais est parlé, évidement dans la région de Canton (Guandong, en Chinois), une mégalopole industrielle située au nord de Hong Kong. Il est aussi parlé à Hong Kong, Macao et par certains chinois expatriés.
Le mandarin est l'autre grande langue du pays utilisée par le reste des autres régions.
En réalité, la situation est un peu plus compliquée, puisque bien que partageant un même système d'écriture, les chinois des différentes parties du pays ont du mal à se comprendre car il existe différents "parlés" chinois. Un chinois de Shanghai ne comprendra pas ce que dit un chinois du centre de la Chaine. Il devra écrire pour pouvoir échanger avec son interlocuteur, puisque leur système d'écriture est similaire. D'un point de vue occidentale, cela peut paraitre aberrant, mais cela l'est moins si l'on considère le nombre de langue parlée en Europe qui est 3 fois moins peuplée que la Chine.
Enfin, il existe deux systèmes d'écritures: le chinois traditionnel, très complexe (dont les idéogrammes contiennent énormément de signes) et le Chinois simplifié (introduit en 1956) dont les idéogrammes sont beaucoup plus simples à retenir (du point de vue d'un chinois). En revanche, aucune indication sur la prononciation n'est comprise dans les idéogrammes, contrairement au cas des langues qui utilisent l'alphabet latin.
Le chinois traditionnel est utilisé à Taiwan (l'île encore indépendante de la République Populaire de Chine, depuis la fin des années 40), à Hong Kong et en dehors de la Chine Continentale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_chinoises
Pour faire du business sur l'internet Chinois, il faut donc avoir en tête le problème des systèmes d'écriture (chinois traditionnel, chinois simplifié) et le problème des langues parlées.
Mandarin: 850 millions le parlent
Wu: 77 millions le parlent à Shanghai (capitale économique), dans la région du Jiangsu, Zheijiang
Cantonais: 71 millions le parlent dans la région du Guandong (Canton), du Guanxi, à Hong Kong et à Macao.
Haka: 34 millions le parlent dans la région du Guandong, du Fujian et à Taïwan.
Gan: 31 millions le parlent dans la région du Jiangxi
Min: 60 millions le parlent dans la région du Guandong, du Fujian et à Taïwan.
Xiang: 36 millions le parlent dans la région du Hunan Ce qu'il faut retenir
Les 2 tiers de Chinois parlent Mandarin et écrivent en Chinois simplifié. C'est la base d'une présence sur l'internet chinois.
Pour toucher les habitants de Shanghai, très connecté et à haut pouvoir d'achat, il faut un simple en chinois simplifié et un SAV pouvant répondre en Wu au téléphone.
Pour toucher la Chine indépendante de Taiwan, il faut un site en chinois traditionnel et un SAV susceptible de répondre en plusieurs langues.
Pour toucher les habitants de Hong Kong et de Macao (à très haut pouvoir d'achat), il faut un site en Chinois traditionnel et un SAV susceptible de répondre en cantonais. Statistiques de l'internet en Chine
Population Globale: 1,4 milliards (estimation)
Abonnés au téléphone mobile (avec ou sans internet): 950 millions
Connectés à internet: entre 400 et 600 millions (les chiffres divergent)
Connectés à internet via un mobile: 350 millions (mais connecté n'implique pas une utilisation active et l'iphone a été introduit en Chine seulement en janvier 2012).
Cyberacheteurs: 173 millions en 2011
Vente en ligne BtoC: environ 100 milliards d'euros en 2011
Noms de domaine détenus par des chinois: 8 millions, dont 3,5 millions en .cn (de nombreux noms de domaines achetés par des étrangers ont été supprimés suite à un resserrement des règles par le gouvernement chinois)
Sites actifs: 1 millions
Utilisateurs de Weibo (concurrent chinois de Twitter et de Facebook): 195 millions fin 2011.
Utilisateurs de Renren (concurrent de Facebook): 200 millions (environ), dont 40 millions (estimations) d'utilisateurs actifs chaque mois. Différence essentielle avec l'utilisation de Facebook: l'activité dominante est le jeu social en ligne (de type Cytiville). Les membres s'y échange des marchandises virtuelles (comme des bouquets de fleurs, des équipements pour les villes virtuelles qu'ils construisent pour les personnages virtuels qu'ils incarnent). Renren signigie 'tout le monde'.
Utilisateurs de Kaixin001 (autre concurrent de Facebook): 140 millions d'utilisateurs en 2011. 13 eme site le plus visité en Chine. Il s'agit d'une filiale de Sina, l'un des principaux portails chinois généralistes.
Baidu est le principal moteur de recherche du pays avec Sina et Netease. Baidu est le 6eme site le plus visités au monde. Google est un moteur de recherche peu utilisé en Chine.
Utilisateurs des messageries instantanés de type: environ 400 millions (dont 195 millions pour Weibo).
Joueurs en ligne: environ 330 millions (le leader est Shanda Interactive Entertainment qui affiche 450 millions de comptes créés, 1.2 millions de joueurs connectés en permanence et édite notamment AION, MapleStory, The World of Legend, The Sign, The Age, Magical Land, Ragnarok Online, D.O., Dungeons & Dragons Online, Bomb and Bubble, Shanda Rich Man, Warlord of the Three Kingdoms, GetAmped).
La censure sur l'internet en Chine
Une idée faussement répandue en Europe est qu'il est impossible de couper l'accès à un site dès lors qu'il est hébergé à l'étranger. Cela est tout à fait possible si l'on met en place des filtres d'accès à l'information, au niveau des fournisseurs d'accès, qui bloquent à tout site indésirables. Cela pourrait être utilisé pour bloquer l'accès aux contenus pornographiques en Europe, mais en Chine, cela l'est pour bloquer l'accès à des sites ne se conformant pas aux desiderata du gouvernement chinois.
En parallèle de cela, dès 2006, il existait 40 000 cybercenseurs qui parcouraient le web à la recherche de contenus non conformes à ce que souhaite le parti.
Enfin, le gouvernement chinois impose à toutes les sociétés qui souhaitent jouer un rôle actif en Chine, une collaboration très forte. Si le gouvernement souhaite avoir accès à certaines données du site, ce dernier doit réagir très promptement au risque de voir son site inaccessible à partir de la Chine. Une variante de cela consiste à couper l'accès à certaines parties du site de façon à décrédibiliser ce dernier. Ebay Chine a ainsi vu l'accès à une partie de son site coupé un lundi après midi, juste avant d'être convoqué à Shanghai par le gouvernement chinois.
En outre, il faut savoir qu'il n'est pas possible de s'implanter en Chine si l'on accepte pas de créer une société avec des associés chinois, qui détiennent la majorité du capital. Ces associés doivent être des proches du parti communiste afin de faciliter le développement de l'entreprise.
Grâce à ce système de contrôle global, l'internet Chinois est un internet quasiment uniquement aux mains des entreprises chinoises. Le principal moteur de recherche n'est pas Google, mais Baidu. Le principal outil de messagerie instantanée n'est pas MSN, mais QQ. Le principal portail d'information n'est pas Yahoo, mais Sina, Netease ou 3721.com
Notons que l'achat groupé après un échec total au début des années 2000 aux États Unis et en Europe, s'est développé en Chine à partir de 2006 sous une forme singulière. Le paiement en ligne par carte bleue était peu développé à l'époque, les sites d'achat groupés donnaient rendez-vous à leurs acheteurs dans des boutiques physiques, si bien que les commerçants pouvaient voir débarquer 300 ou 400 personnes souhaitant acheter le même produit au même moment.
Source : Neodia
Mot-clé : mandarin
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