Résumé :
Parmi les effets potentiellement dévastateurs de la mondialisation, l’unification linguistique – sans parler de l’anglicisation – des sociétés et des cultures a souvent été considérée comme le plus dangereux. Si dangereux, en fait, que des sommets internationaux sur la diversité culturelle et linguistique ont été organisés et que des efforts considérables ont été faits pour mettre un frein à l’homogénéisation culturelle. Par ailleurs, les tensions qui règnent dans le monde depuis septembre 2001 ont rappelé aux décideurs et aux organisations internationales la nécessité de connaître et de maîtriser les langues des autres afin de mieux les comprendre et de mieux se protéger.
En tant qu’instruments utilisant les langues et en tant qu’outils de traitement et de représentation du langage, les technologies de l’information et de la communication (TIC) facilitent cette interaction. Bien que les principales langues du monde soient maintenant bien couvertes par les TIC, il reste des milliers de langues dans lesquelles il est impossible d’envoyer un courriel ou de lire un site Internet. Certaines langues n’ont pas encore de caractères normalisés, tandis que d’autres ont deux ou trois groupes de caractères : l’un utilisant l’alphabet local, l’autre utilisant l’alphabet d’une langue étrangère auparavant dominante et le troisième utilisant souvent l’alphabet latin.
Lorsque les TIC ne sont pas disponibles dans une langue locale donnée, cela réduit les possibilités de produire et de diffuser sur Internet des contenus locaux (pédagogiques, administratifs ou touristiques). Les chances de partager la culture représentée par cette langue et de la rendre accessible en sont également diminuées. Plus grave encore, étant donné l’utilisation très répandue des TIC (téléphones portables, ordinateurs, matériel multimédia et audiovisuel, etc.), la langue imposée de facto aux utilisateurs finit par prendre le dessus et remplacer la langue locale dans les TIC et dans d’autres domaines. Dans la société de l’information, la langue, en plus d’être un moyen de communication, joue un rôle socioéconomique semblable à celui de l’argent dans la société industrielle. Alors que l’argent est utilisé pour acquérir des biens matériels, la langue sert à obtenir des connaissances et des biens immatériels.
Cette publication sera donc utile aux décideurs qui désirent mettre en œuvre une politique linguistique, aux développeurs qui travaillent dans le traitement des langues, aux chercheurs qui étudient les langues et les technologies de l’information, aux bailleurs de fonds qui financent des projets visant à soutenir les langues locales et aux utilisateurs de TIC qui souhaitent utiliser ces technologies dans leur langue maternelle.
Le livre est intégralement en ligne : http://web.idrc.ca/openebooks/496-3/
Auteur : Don Osborn, Presses de l'Université Laval, 218 pages, 2011, ISBN : 978-2-7637-9161-6
Source : pulaval.com
Mot-clé : langue nationale
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Après une longue période d’hégémonie linguistique, on voit peu à peu apparaître une prise de conscience de la menace pesant sur les langues du monde et une ouverture vers une reconnaissance de la diversité linguistique comme facteur de développement durable.
Créé par l’Union latine, et au début tourné vers la description des langues des pays latins, Portalingua se veut aujourd’hui un espace transparent d’information, de réflexion et de discussion sur le comportement des langues du monde dans la société de la connaissance (cyberespace, sciences, techniques, organisations internationales, traduction, etc.). Il prétend susciter un frein au quasi-monolinguisme régnant dans de nombreux secteurs…

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