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Édition et traduction

L’intercompréhension et les nouveaux défis pour les langues romanes

15/12/2011

Référence de l'oeuvre: Álvarez, Dolores, Patrick Chardenet, Manuel Tost, (dir.), (2011), L’intercompréhension et les nouveaux défis pour les langues romanes, Union Latine, Agence universitaire de la Francophonie, Paris, 455 pages.

Si les publications sur l’intercompréhension ont connu un grand développement ces dernières années, cet ouvrage ― édité conjointement par l’Agence universitaire de la Francophonie et l’Union latine ― se démarque des écrits précédents par l’originalité et la diversité de ses contributions.

Partant du postulat que l’intercompréhension et les nouveaux défis pour les langues romanes constituent des thématiques indissociables, le recueil présente vingt-cinq articles qui envisagent cette problématique sous différentes perspectives, attestant ainsi le dynamisme du champ et l’intérêt qu’il suscite, même au-delà des frontières de la Romania. Les analyses se font souvent entendre dans la langue de leurs auteurs (catalan, espagnol, italien, français, portugais et roumain), détail qui est loin d’être anodin lorsqu’il s’agit d’intercompréhension. Bien que les deux questions soulevées par le titre soient intrinsèquement liées, certains articles se penchent davantage sur l’un ou l’autre pôle, d’où l’organisation bipartite de l’ouvrage.

Ainsi, la première section, « langues romanes et sociétés, aujourd’hui et demain », dresse un état des lieux des langues latines dans des espaces linguistiques divers, situés sur quatre continents. Les réflexions suscitent des questionnements sur les situations de contact de langues (peut-on parler d’une Afrique Latine ? Comment désigner la langue parlée au Brésil : portugais ou brésilien ? Y a-t-il réellement de l’intercompréhension dans l’espace occitan ?), apportent des éclaircissements historiques (la présence de l’espagnol aux Philippines) et s’accordent sur le fait que l’avenir des langues romanes dépend de l’adoption de méthodologies qui profitent non pas à un seul système, mais à l’ensemble de la famille de langues. Le chapitre comprend également deux études qui mettent en avant le rôle des politiques linguistiques pour le développement du plurilinguisme en Europe, dont une démontre, à travers un modèle probabiliste, qu’il existe de réelles alternatives à la lingua franca, à condition, bien entendu, qu’il y ait un véritable engagement de la part des décideurs.

La seconde partie, « langues romanes et approches plurilingues dans l’enseignement », composée de dix-sept études hétérogènes, a pour fil conducteur l’application de l’intercompréhension sur le terrain. Ici encore, la richesse des contributions vient de la diversité des contextes étudiés (Europe orientale et occidentale, Amérique latine) ainsi que des problématiques de recherche soulevées (de la perception phonique au rôle des mots transparents, en passant par les genres textuels). Une place importante est réservée à la formation de formateurs et à l’insertion curriculaire ― questions clés pour l’avenir du champ ―, illustrées ici par des exemples provenant de différents pays et embrassant tous les niveaux de scolarisation. La création de supports pédagogiques innovants, grâce notamment aux apports des nouvelles technologies (objet d’un article), suggère que nous ne sommes qu’à l’aube des approches plurielles, dont le potentiel considérable apparaît comme une évidence à la lecture de ce recueil.

Édition en ligne

Source : Le français à l’université

Mot-clé : intercompréhension

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