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Les langues : élément d'inclusion et de cohésion sociales, selon le dernier rapport de la Plate-forme de la société civile en faveur du multilinguisme de la Commission européenne

29/9/2011  • lire cet article en : català español

Le document propose une série de mesures visant à promouvoir toutes les langues d'Europe (officielles, non-officielles et de l'immigration)

« Les langues sont une source de cohésion et d'intégration sociales, d'opportunités d'emploi et de mobilité professionnelle ». Telle est la principale conclusion du rapport (en anglais) publié récemment par la Plate-forme de la société civile en faveur du multilinguisme, créée en 2009 par la Commission européenne dans l'objectif de fournir des conseils en matière de gestion de la diversité linguistique en Europe. Pour atteindre cet objectif principal, le groupe formé par les 29 experts de la plate-forme propose un ensemble de mesures, articulées autour de quatre grands axes thématiques :

1. Politique et aménagement linguistiques ;

2. Diversité linguistique et cohésion sociale ;

3. Éducation ;

4. Traduction et terminologie.

1. Politique et aménagement linguistiques

Dans ce domaine, la plate-forme propose l'élaboration d'une politique linguistique englobant toutes les langues européennes, indépendamment de leur degré d'officialité, et souligne l'importance de mettre en œuvre les droits et les devoirs prévus aux termes de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui inclut la non-discrimination pour des raisons liées à la langue. D'autre part, le groupe met en évidence le caractère transversal de la langue et recommande pour autant de l'aligner sur des aspects tels que la compétitivité économique, la mobilité professionnelle et l'intégration, entre autres.

Soucieux d'offrir une assistance permanente à la société civile, le groupe d'experts propose la création d'un Observatoire européen des langues et la figure du « Défenseur du peuple linguistique » en tant que mécanisme permettant de garantir les droits et les devoirs linguistiques. Le groupe cite l'exemple de la figure du Commissaire linguistique, déjà présente au Canada et en Irlande.

Enfin, la plate-forme recommande la création d'une ligne budgétaire spécifique destinée aux langues les moins répandues car, selon le rapport, c'est la seule façon pour ces langues – qui ne sont pas officiellement reconnues en Europe – de pouvoir accéder, de la manière la plus équitable possible, aux programmes et aux aides d'Europe.

2. Diversité linguistique et cohésion sociale

Quant à la cohésion sociale et à son lien avec les langues, le groupe d'experts met en avant l'hétérogénéité linguistique des sociétés européennes actuelles : les nouveaux citoyens, issus de l'immigration, présentent des profils linguistiques très divers et ignorent bien souvent les langues de la société d'accueil. Par conséquent, il propose de fixer des mesures pour que ces nouveaux citoyens apprennent les langues des sociétés d'accueil, puissent s'identifier avec elles et participer pleinement à la vie sociale de ces sociétés. Il encourage de même la population des sociétés d'accueil à s'intéresser aux langues et aux cultures des citoyens qui viennent de s'installer sur son territoire.

Pour ce faire, il propose des mesures concrètes, entre autres la création de projets et d'initiatives, et l'identification de meilleures pratiques déjà existantes, surtout dans le secteur des services sociaux publics, comme par exemple les centres de santé.

3. Éducation

En ce qui concerne le monde de l'éducation, la plate-forme montre la nécessité de formation d'élèves de plus en plus multilingues, tant sur le plan de l'éducation formelle, que sur celui de l'éducation non réglementée, et propose comme objectif principal l'acquisition de compétences communicatives et interculturelles dans différentes langues. À cet égard, les experts proposent l'inclusion de la méthodologie AICLE (Apprentissage intégré de contenus en langues étrangères). Ils affirment cependant que la méthode AICLE ne devrait pas servir à promouvoir seulement l'anglais, mais à explorer d'autres langues, notamment celles de pays voisins ou celles d'une même famille linguistique comme l'italien, le français, le portugais ou le roumain.

En ce sens, le rapport met l'accent sur l'existence de meilleures pratiques dans ce domaine et sur la nécessité de les identifier, de les systématiser et de les proposer comme des exemples à suivre dans toute l'Europe.

4. Traduction et terminologie

La plate-forme souligne aussi l'importance de la traduction, non seulement pour des questions pragmatiques et de compréhension mutuelle, mais aussi en tant qu'outil permettant de se familiariser avec les différentes cultures et langues qui forment le continent européen. Elle précise cependant que la traduction ne doit pas se limiter à l'anglais, mais s'étendre à toutes les langues. Sur ce point, elle met en avant la nécessité urgente de promouvoir la traduction de textes littéraires dans des langues moins répandues et pas seulement dans les 23 langues officielles de l'UE.

Le rapport affirme en outre que la recherche d'outils de traduction assistée, automatique ou d'autres instruments est vitale et qu'il faut donc l'encourager.

Pour lire le rapport complet (en anglais), cliquez ici

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Source : Linguamón

Mots-clés : politique linguistique traduction

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