Nous utilisons ici les données de l’Index translationum que l’on trouve sur le site de l’UNESCO.
Dans certains cas l’Index translationum indique une langue qui aurait « disparu ». C’est le cas du serbo-croate, code iso [hbs] qui indique qu’avant 1992 ce que parlaient les Croates, les Bosniaques et les Serbes était considéré comme une seule et même langue. Après 1992, translationum compile les traductions à partir du croate [hrv], du bosniaque [bos] et du serbe [srp]. Pour tenir compte des traductions antérieures à 1992, nous les répartissons entre les trois langues « nouvelles » au prorata du nombre de traductions à partir de ces trois langues après 1992. Cette méthode n’est bien sûr pas parfaite, mais nous avons pensé que l’affectation des traductions antérieures à 1992 au seul serbe favoriserait celui-ci par rapport au croate et au bosniaque. L’affectation du nombre total de traductions antérieures à 1992 aux trois langues favoriserait celles-ci par rapport aux autres langues. Un cas analogue de langue hypothétique se présente avec le « chinois ». Translationum reporte des données pour le chinois [zho], le chinois ancien [och] et le chinois yué [yue]. Dans ce cas, nous affectons les données relatives au « chinois » [zho] au seul mandarin et les données relatives au yué à celui-ci. Les données relatives au chinois ancien [och] ne sont pas prises en compte, tout comme celles relatives au grec ancien et au latin.
Une troisième situation est celle de l’arabe, il existe un arabe « standard » [ara] et plus de 25 arabes dialectaux. Tous les arabes dialectaux sont évidemment des langues vivantes et l’arabe standard ou littéraire est une langue « commune » qui ne possède aucun locuteur en langue maternelle. Cependant, l’Index translationum reporte des données pour l’arabe standard [ara] et l’arabe marocain [ary] mais rien pour les arabes égyptien et algérien qui sont les plus parlés avec le marocain ni pour aucune des autres variétés dialectales. Dans ce cas contrairement au serbo-croate et au chinois les données relatives à l’arabe standard sont affectées à lui et à lui seul. La raison de ce choix réside pour une part dans notre volonté de respecter les décisions des peuples. Les Croates, Bosniaques et Serbes souhaitent qu’il existe trois langues différentes correspondant à leurs trois pays. Dans le cas des arabes, la communauté arabo-musulmane souhaite qu’il existe une langue commune supposée comprise de tous au travers du Coran. Le cas du chinois est plus difficile à rationaliser. Il existe évidemment plusieurs chinois parlés, non intercompréhensibles, mais « un seul » chinois écrit commun à toutes les variétés dialectales. L’information compilée sous le code [zho] chinois ne permet pas d’affecter la traduction à l’une ou l’autre des variétés. Nous aurions pu choisir d’affecter les valeurs au prorata du nombre de locuteurs de celles-ci. Nous avons fait l’hypothèse que la grande majorité des traductions venaient du chinois mandarin et donc affecté toutes les données du chinois [zho] au chinois mandarin [cmn]. Certains lecteurs mieux informés pourront être en désaccord avec notre choix, il fallait en faire un et nous assumons celui-ci.
Le cas du tchèque [ces] et du slovaque [slk] est encore différent. L’Index translationum ne reporte pas de langue commune antérieure à la séparation des deux pays. Nous respectons ici les affectations de l’index. Nous aurions pu rechercher les traductions antérieures à la séparation des deux pays et les affecter à chacune des deux langues au prorata des traductions postérieures à la séparation. Nous avons ici choisi de respecter le choix de l’index, il n’existait pas de langue tchécoslovaque, mais bien un tchèque et un slovaque.
Ces considérations s’appliquent au cas des langues sources que des langues cibles.
Lorsque l’on s’interroge sur l’importance relative des langues, le critère du nombre de locuteurs est toujours le premier à apparaître : quelle est la langue la plus parlée au monde ? Combien de gens parlent cette langue ? etc. Mais cette approche pose un double problème.
D'une part, le décompte des locuteurs n’est pas une science exacte et les différentes sources disponibles donnent des chiffres différents et ne parviennent pas toujours aux mêmes classements.
Par ailleurs, d’autres facteurs jouent un rôle dans la détermination du « poids » des langues. Ce baromètre repose sur dix facteurs pour le moment et il est amené à évoluer par l’incorporation de nouveaux facteurs…

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